La Côte d’Ivoire est encore sous le choc des violences qui ont secoué le village de Kossandji (département d’Alépé) les 04 et 05 août derniers. Ce conflit intercommunautaire dont le bilan fait état de 07 pertes en vies humaines, de nombreux blessés et de dégâts matériels importants a amené le Gouvernement à réagir. Une délégation du Ministère a été dépêchée sur place le 12 août 2026 à l’initiative de la Ministre de la Cohésion Nationale Myss Belmonde DOGO afin de ramener les parties en conflit sur la table du dialogue et de l’apaisement
L’objectif de cette Mission était de présenter les condoléances aux familles endeuillées, comprendre les causes profondes et immédiates de l’affrontement et appeler à un apaisement total. Lors de la séance d’écoute, les parties belligérantes ont été invitées à s’exprimer sans réserve. Les échanges ont mis en lumière des tensions liées à la cohabitation et des incompréhensions quotidiennes qui ont dégénéré en violences.
Suite à ce conflit, un constat alarmant est fait. Toutes les pertes en vies humaines ont été enregistrées du côté des autochtones. Cette situation, si elle n’est pas maîtrisée pourrait alimenter des représailles. Face à ce risque, Professeur Bamba Abdoulaye, Directeur de la Prévention et de la Gestion des Conflits, chargé de piloter cette séance d’écoute s’est montré ferme en interpellant la chefferie locale. « Il y a eu trop de dégâts et le nombre de victimes est important de votre côté. Pour éviter toute velléité de vengeance, vous avez le pouvoir de dissuader tous ceux qui seraient tentés de remuer le couteau dans la plaie. Mieux vaut qu’on parle de Kossandji sous une forme plus heureuse que d’évoquer cette localité dans des situations conflictuelles qui n’arrangent personne. »
Abondant dans ce sens, Marie Kouadio Koné, Directrice générale de la Cohésion Nationale souligne le fait de ne pas se faire justice soi-même rappelant qu’il revient aux autorités compétentes de situer les responsabilités.
Les représentants des communautés allogènes et allochtones rencontrés ont manifesté leur volonté de ressouder le tissu social. Sep Djéssouré, chef d’une communauté allochtone installé à Kossandji depuis 20 ans maintenant rassure la délégation. « Nous avons toujours vécu entre frères dans ce village. Il n’y a pas de raison que nous soyons divisés suite à ce conflit. ».
Il affirme par ailleurs que des démarches de réconciliation étaient déjà engagées pour enterrer « la hache de guerre ». Il ajoute que les allochtones sont prêts à se soumettre aux us et coutumes de leurs frères autochtones pour ramener une paix durable.
A l’occasion de cette mission de dialogue, le Ministère a manifesté la compassion de l’État envers les familles des 07 victimes décédées. Un appui financier leur a été octroyé au nom du Gouvernement en guise de soutien et de réconfort suite à cette tragédie.